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A LA GUERRE COMME EN AMOUR TOUS LES COUPS SONT PERMIS

Posté par: Oumar Maiga| Jeudi 10 janvier, 2013 03:18  | Consulté 2454 fois  |  8 Réactions  |   
A LA GUERRE COMME A LA GUERRE

Le gros de l’effort sur le champ de bataille reposera sur les épaules des unités combattantes de l’armée malienne. Et peut-être sur la résistance armée des habitants des zones occupées. La guerre ou la négociation pour le nord de notre pays ? Ou encore, la guerre et la négociation, mais dans quel ordre ? Comme s’il y avait débat et dilemme. Le débat est vide et le dilemme imaginaire.

 La guerre ? Elle est déjà là pour ceux qui ne l’auraient pas remarquée avec trois régions prises par la force par des bandes armées, une armée nationale sur le pied de guerre à Mopti, des escarmouches et des excursions dans la zone tampon de Douentza et des centaines de milliers de Maliens victimes d’exil ou d’arbitraire. La négociation ? Elle suit inévitablement tout conflit quel qu’il soit à moins qu’un des protagonistes ait été totalement exterminé. Dans notre cas, elle surviendra immanquablement. Les bonnes questions sont donc, dans l’ordre : quelle guerre et quand la négociation ? Dans cet ordre d’idée, l’usage de la force n’est pas une option mais une obligation. C’est, en effet, l’action militaire qui va fixer les bases de la négociation. Si cette dernière devait démarrer aujourd’hui, avec ce rapport de forces tellement déséquilibré et cette situation sur le terrain si défavorable, le gouvernement se présenterait totalement désarmé à la table de discussion. Cette certitude explique pourquoi on ne parle ces jours-ci que de la reconquête du Septentrion, à l’interne comme à l’étranger. Le Premier ministre, le ministre de la Défense à Ségou et Mopti, le capitaine Sanogo à Bamako et Kati, ont, chacun dans son style, avec ses mots et ses engagements, amorcé le réarmement moral et psychologique des troupes en attendant la livraison attendue d’équipements nouveaux. Tous ont conscience que le gros de l’effort sur le champ de bataille (« le prix du sang » selon l’expression utilisée par Soumeylou Boubèye Maïga, l’ancien ministre des Affaires étrangères) reposera sur les épaules des unités combattantes de l’armée malienne. Une éventuelle intervention étrangère, sans préjuger de la taille du contingent déployé, ne peut avoir vocation à supporter la plus grande part des risques en première ligne. Et surtout, la mise en place de ces troupes étrangères va demander du temps. Le temps d’abord de trouver des financements budgétisés nulle part dans des pays développés, eux-mêmes victimes d’une grave crise économique et financière. Le temps ensuite de conduire une lourde et lente procédure administrative et opérationnelle de mobilisation, équipement et transport de troupes à coordonner entre la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations Unies, les pays fournisseurs de fonds, de logistique et des hommes. Aucune demande n’ayant été jusqu’ici adressée au Conseil de sécurité, ce n’est pas demain que les renforts étrangers débarqueront même si on n’a parlé que de cela depuis deux semaines à Cotonou, Abidjan et, hier encore, à Paris. Par la force des choses, il nous faut compter que sur nous mêmes (ou presque) dans un premier temps. Sur l’armée, bien entendu. Mais aussi sur la population des régions contrôlées par la rébellion ? L’éventualité est évoquée avec insistance par les habitants des villes occupées, surtout les jeunes (à Gao des armes sont ainsi repêchées dans le fleuve, lire l’Essor du 22 mai), par des associations nouvellement créées aux dénominations sans équivoque, par des milices qui existaient déjà et, même à l’étranger, par des personnalités comme Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires Etrangères (« on comptera beaucoup sur les populations du Nord-Mali qui sont asservies aujourd’hui et qui savent qu’elles n’ont aucun avenir avec de telles perspectives »). Officiellement, personne à notre connaissance ne s’est prononcé sur cette possibilité à Bamako mais il est certain que l’idée chemine, des contacts sont pris, des voies d’approvisionnement en armes s’esquissent, et au sein des villes du nord, des groupes de résistants s’organisent. La caractéristique de cette préparation souterraine difficile à jauger, est qu’elle s’effectue sur des bases communautaires. Question de confiance, les milices d’auto-défense recrutent principalement au sein de la même ethnie ou de la même tribu : les Sonraï de Ganda Iso, les Arabes de Ould Meydou, les Imghads de Gamou. Les groupes organisés dans les villes seront plus panachés mais pas trop car, on peut imaginer que les citadins restés dans ces villes sont, pour les plus nombreux, des natifs qui n’ont guère de solutions de repli. La sociologie de la zone et la spécificité d’une agression fondée sur des arguments ethniques expliquent la configuration communautaire de la résistance qui pourrait inquiéter dans un autre contexte. Mais à la guerre comme à la guerre, l’urgence de se débarrasser des bandes armées apparaît aujourd’hui plus puissante que les préventions suscitées par la perspective d’armer des civils et de les envoyer au combat sans préparation. Mais demain, le problème se posera autrement avec beaucoup d’armes en circulation et un amoncellement de contentieux et de rancunes dans une société appelée à restaurer la cohabitation de ses communautés. Les rebellions touarègues antérieures, d’une ampleur de loin moindre à l’actuelle, ont montré la complexité de la gestion de l’après-conflit en termes de désarmement, de réinsertion et surtout de réconciliation. Le conflit en cours, par sa gravité et ses conséquences humaines dramatiques, va amplifier l’équation et, au final, installer une situation inédite avec des groupes majoritaires remontés comme des coucous et peu enclins, en cas de libération des régions occupées, aux compromis qui fondent le revivre ensemble. L’après-guerre ordinairement difficile, s’annonce à hauts risques avec des communautés organisées, et désormais armées et déterminées à faire valoir leurs « droits ». Parler aujourd’hui de la situation potentielle créée par une défaite consommée des bandes armées peut sembler présomptueux – et c’est un peu le cas – alors qu’aujourd’hui le pays est amputé des deux-tiers de sa superficie. Mais, il faut y penser, s’y préparer si possible car ni Ançar Eddine, encore moins le MNLA totalement dévitalisé, n’est taillé pour administrer un si vaste territoire, contrôler des villes de plus en plus hostiles, tenir des postes militaires si éloignés les uns des autres. Ces mouvements et leurs alliés d’AQMI le savent qui s’emploient à enrôler un maximum d’adeptes et à renforcer autant qu’ils peuvent leurs bases traditionnelles dans l’Adrar. La reconquête du gros des régions septentrionales par l’armée est une question de temps, d’équipement, notamment de couverture aérienne. Et, il faut s’en convaincre, une question d’aide étrangère dont nous ne pouvons pas nous passer à moyen et long termes.

par Souleymane Drabo

http://www.malijet.com/a_la_une_du_mali/45360-a-la-guerre-comme-a-la-guerre.html

Source: Essor

 L'auteur  Oumar Maiga
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Anonyme on January 10, 2013 (12:47 PM) 0 FansN°:1
Deux choses qui me font tiquer :

1. Le gros de l’effort sur le champ de bataille reposera sur les épaules des unités combattantes de l’armée malienne

C'est l'idée la plus répandue et aussi la plus mauvaise.

Le Mali étant un pays de l'Afrique de l'Ouest toute mobilisation de l'Armée Malienne devait entraîner une mobilisation des autres armées Ouest Africaines.

De plus sachant que les terroristes arrivent d'un peu partout, pourquoi les Maliens par fierté et par orgueil veulent se priver de l'appui des Sénégalais, Guinéens, Nigérians et autres Ivoiriens.

Quand on va à la chasse au lion, il ne faut pas attendre d'être devant le lion pour demander de l'aide...

2. Une éventuelle intervention étrangère, sans préjuger de la taille du contingent déployé, ne peut avoir vocation à supporter la plus grande part des risques en première ligne.

Cette phrase est d'un triste, comment pouvez-vous assimiler les troupes de la CEDEAO à des troupes étrangères.

Il serait bon de prendre acte que le Mali actuel n'est pas l'Empire du Mali, mettez de côté ce Nationalisme qui n'a pas lieu d'être vis-à-vis des autres Etats de la CEDEAO.

La guerre au Mali n'est pas une affaire intérieure, la menace islamiste nous concerne tous en Afrique de l'Ouest et en Afrique au sens large.

La réponse ne doit pas être guidée par la fierté ou par l'orgueil, elle ne doit pas être mesurée ou minimaliste.

Parce que les Salafistes et leurs alliés au Mali sont une...
Anonyme suite on January 10, 2013 (14:09 PM) 0 FansN°:2
Menace nous devons répondre avec toute la puissance des armées Ouest Africaine, comme si notre survie était en jeu.

On ne négocie pas avec les Envahisseurs.
Anonyme on January 10, 2013 (14:33 PM) 0 FansN°:3
l'armée malienne est née aprés la honte comme dirait les gabonnais.
malgré leur defaite humiliante elle ne cesse de clamer une non intervention etrangere et demander des moyens alors même qu'elle a abandonné tout son materiel lors des 1ers echauffourés avec des rebelles pas si lourdement armés pourtant.
Au delà de l'objectif de vaincre les islamistes il faudra s'assurer d'une bonne transition democratique en tous cas
Diambar on January 10, 2013 (16:43 PM) 0 FansN°:4
IL est temps que les Maliens reviennent sur terre et arrêter de chanter la bravoure de leur armée qui n'existe pas. Dans cette situation il ne s'agit pas de légendes genre Soundiata Keita a soulever un baobab. Des terroristes ont chassé l'armée Malienne dont une partie pour ne pas aller au front à perpétré un coup d'Etat stupide c'est ça la vérité.

Au lieu de travailler pour une intervention des armées Africaines vous êtes là à chanter votre bravoure inexistante et à croire qu'un putchiste comme Sanogo peut vous aider alors que c'est lui qui a précipiter l'occupation du Nord Mali
Anonyme on January 10, 2013 (17:33 PM) 0 FansN°:5
Soudiata KEITA est né à NIANI dans l'actuel Guinée.
Anonyme on January 11, 2013 (02:24 AM)0 FansN°: 595453
C'est pourquoi les Guinéens sont si braves?
Anonyme on January 11, 2013 (10:15 AM) 0 FansN°:6
Soudiata Keita était Manding, contrairement à l'ensemble des Guinéens. En fait nous sommes tous braves ce n'est pas une question de "nationalité" ou "d'ethnie" c'est une simple question de Diome et d'organisation.

La figure de Soudiata permet de montrer que l'héritage de l'empire du Mali n'appartient pas seulement aux Maliens. Elle permet de voir que les Maliens se trompent quand ils veulent tout faire tout seul. Elle nous enseigne aussi que nous sommes des ignorants et des inconscients parce que nous regardons les choses de loin, en priant que Al Qaïda n'arrive pas devant nos maisons.
Saliou on January 11, 2013 (11:53 AM) 0 FansN°:7
Question : Est ce que les autres populations d'Afrique de l'Ouest se sont imaginés à la place des Malien à qui on interdit de...simplement, fumer ou porter un pantalon à a taille ? Si oui, qu'attendent les Gouvernements pour prendre les actes idoines ? N'y a t-il pas non assistance à personne en danger de mort ? L'idée que les maliens se font d'eux mêmes n'a plus d'importance quand une bande de tocards mal instruit s'installent et installent une dictature n'ayant que ces formalismes moyenâgeux comme programme de gouvernement.
Nos Présidents pêchent par passivité !!!

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Oumar Maiga
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